Le Blob

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Sporification de physarum polycephalum.

Rich Hoyer

Troisième incursion dans le monde tellement passionnant des organismes vivants surprenants et mystérieux. Je vais vous présenter cette fois le Physarum polycepharum. Son nom scientifique est fait de grec et de latin signifie littéralement : petite vessie à plusieurs têtes. Son nom commun est le Blob. Il est mieux défini par le titre de cet article paru dans le journal « Le Monde » : « Le blob, cet étrange génie visqueux, ni plante, ni animal, ni champignon ».

Qu’est-ce qu’un blob ?

Visible à l’œil nu, le blob est généralement de couleur jaune. Il se présente comme un réseau comme on peut le voir sur l’illustration ci-dessus. Il se développe rapidement et peut s’étendre jusqu’à 4 cm par heure. Le blob est doté d’une capacité de « résurrection ». Lorsqu’il manque de nourriture, il se dessèche et entre en dormance. Cet état peut durer très longtemps. Lorsque les conditions sont redevenues favorables, il reprend alors sa croissance.

Qu’est-ce que ça mange un blob ?

Un blob se nourrit de presque tout ce qui comestible : des spores, des champignons, des micro-organismes. Il a également besoin d’un minimum d’humidité. En laboratoire, on le nourrit essentiellement avec des flocons d’avoine légèrement humidifiés.

Où trouve-t-on un blob ?

On peut le retrouver dans le fond d’une forêt sombre ou dans … la station spatiale internationale, l’ISS. Le blob ne peut pas vivre à une température dépassant 29 °C. Au-delà de celle-ci, il entre en dormance. Le blob préfère l’obscurité à la lumière bien qu’il ne soit pas impossible de l’élever en présence de source lumineuse. La couleur de la lumière ne semble pas impacter le blob, ni la présence ou non d’ultraviolets.

Comment le blob se reproduit-il ?

Lorsque les réserves de nourriture sont épuisées, le blob se transforme alors en spores qui contiennent son patrimoine génétique. Ces spores se développent habituellement à l’air libre pour qu’elles soient dispersées par le vent. Les spores peuvent rester viables pendant des années. Toutefois, lorsque les conditions environnementales sont favorables à la croissance, les spores germent et libèrent des cellules qui fusionnent ensuite pour former un nouveau blob.

Quels sont les superpouvoirs du blob ?

Le blob a des capacités stupéfiantes d’adaptation et d’apprentissage, même s’il est dépourvu de cerveau. Il possède une mémoire spatiale externalisée qui lui permet, par exemple, de ne jamais reproduire un déplacement inadéquat. Il peut également communiquer avec ses congénères en fusionnant temporairement avec eux, comme si il leur transférait une part de son savoir. Le blob est utilisé en recherche opérationnelle pour sa capacité à réaliser des réseaux qui optimisent l’utilisation d’un espace. Ils sont également étudiés en robotique pour leur capacité d’adaptation à des milieux inconnus. On pense ici, bien sûr, à la conception de robots pour la conquête spatiale.

Le blob à l’ISMA…

Il n’est pas impossible que, bientôt, vous croisiez l’un ou l’autre specimen blobesque dans notre école… en effet, la classe de 4B, dans le cadre de son option scientifique avec Monsieur Schouveller, va élever des blobs pour la recherche. Ce projet est initié par le CNRS…Plus d’infos sur ce lien…

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/derriere-le-blob-la-recherche-une-experience-de-science-participative-du-cnrs

Affaire à suivre, donc !

Physarum polycephalum gefunden an einem gefällten Stamm im Grunewald (Berlin).

Crédit photo : Le Bernemi